Objectifs

L’usage de matières premières secondaires contribue à l’efficacité des ressources, à la réduction des gaz à effet de serre et à la préservation de l’environnement. Malgré tout, le potentiel de beaucoup de ces ressources n’est pas exploité. En Europe, les Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques (DEEE) représentent un flux de déchet particulièrement préoccupant. En effet, celui-ci croit au moins deux fois plus vite que les autres et présente des risques environnementaux majeurs s’ils sont enfouis car ils contiennent de nombreuses substances dangereuses.

 

La quantité de DEEE mis sur le marché en 2008 représentait environ 10 millions de tonnes, avec une croissance estimée de 2,5 à 2,7% par an. Afin d’encourager un traitement efficace et spécifique de ce flux de déchets à l’échelle communautaire, la Commission Européenne a introduit deux directives : la 2002/96/EC concernant les DEEE et la 2002/95/EC portant sur la restriction des substances dangereuses (RoHS : Restriction of the use Of certain Hazardous Substances in electrical and electronic equipment). Tandis que la première impose des taux minimaux de collecte et de valorisation, la seconde impose une concentration maximale de substances dangereuses dans les EEE (métaux lourds, retardateurs de flamme bromés). Globalement, l’objectif de collecte de 4 kg/personne/an a été facilement atteint dans presque tous les pays membres. La quantité estimée de DEEE collectés et traités parmi les pays de l’UE27 en 2005 est comprise entre 25% pour les équipements de taille moyenne jusqu’à 40% pour des appareils plus gros, montrant qu’une amélioration non négligeable peut encore être réalisée. Les analyses montrent également que les retours d’équipements de moins de 1kg sont très faibles.

 

 

Néanmoins, les objectifs de valorisation sont nettement plus compliqués à atteindre. La séparation et la valorisation de la fraction métallique seule ne permet pas systématiquement d’atteindre les 80% requis. En effet, cet objectif est plus difficilement atteint dans certaines catégories que dans d’autres. Par exemple, tous les pays ont reconnu que les petits équipements de la catégorie 2 sont particulièrement difficiles à traiter. Afin d’atteindre les taux imposés, il a été reconnu qu’une séparation efficace et surtout une valorisation finale de la fraction plastique (très majoritairement des thermoplastiques) est primordiale. Les procédés de valorisations actuels de la fraction plastique nécessitent des investissements plus importants et présentent des rentabilités plus faibles que la valorisation des métaux. C’est pourquoi le recyclage des matières plastiques dans les DEEE a été clairement identifié comme un axe de recherche prioritaire. Le point critique pour obtenir un recyclage efficace est la séparation des matières plastiques, puisqu’aujourd’hui une des seules voies de valorisation viables économiquement est l’incinération (avec ou sans valorisation énergétique).

 

Pour s’attaquer à ce problème environnemental majeur, l’objectif de ce projet est de démontrer qu’il est possible de trier la fraction plastique des DEEE et donc d’atteindre une valorisation matière des DEEE supérieure aux limites imposées par la directive DEEE (2002/96/EC) en utilisant le démonstrateur WEEELIBS. Celui-ci sera le résultat de la combinaison d’un appareil LIBS fabriqué par IVEA et du protocole d’identification de polymères développé par le CRITT Matériaux Alsace lors du projet PLASTILIBS financé par l’ADEME.

 

Lors du traitement des DEEE, le démantèlement est une étape indispensable car : (1) la réutilisation des composés est la première priorité, (2) le démantèlement des composants dangereux est essentiel, (3) il est courant de démanteler les composants et les matériaux à haute valeur ajoutée tels que les circuits imprimés, les câbles et les plastiques techniques afin d’en simplifier le recyclage.

Ce projet consistera donc à fabriquer un démonstrateur pour le tri des plastiques des DEEE durant leur démantèlement manuel en prenant en compte les contraintes industrielles. Il sera démontré que les plastiques issus des DEEE peuvent être séparés en fractions de polymères homogènes, ce qui permettra de les recycler en de nouvelles matières afin de contrer les problèmes grandissants d’approvisionnement de polymères. Ces nouvelles matières régénérées respecteront également les directives européennes RoHS et REACH.